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Au Repair, on bricole zéro déchet !

Vous connaissez Pleyber-Christ ? Et le Repair ? Pourtant, c’est une vraie mine d’or pour les bricoleurs ! Ouverte en septembre 2020, cette recyclerie zéro déchet dédiée au bricolage et à la rénovation offre une seconde vie aux matériaux encore fonctionnels qui étaient destinés à la benne. Mathieu Cirou, l’un des membres fondateurs, nous parle de ce repair incontournable.

Le pari de l’économie circulaire dans la construction

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Situé dans l’ancien Point Vert près de la gare de Pleyber-Christ, le Repair fourmille de bonnes affaires ! Sur près de 2500m2, on trouve toujours de quoi bricoler, rénover ou construire : 

  • Bois,
  • Peinture,
  • Sols (carrelages, parquet…),
  • Quincaillerie,
  • Plomberie,
  • Electricité,
  • Mercerie, tissus…
  • Huisseries
  • Vasques, baignoires, chaudières, mobiliers divers…

“On n’a pas tout, mais on a de tout!”, plaisante Mathieu.

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Leur particularité ? Ces matériaux ont été sauvés de la déchetterie car ils sont encore valorisables.

“On gère ce dont les professionnels du bâtiment ne veulent pas s’occuper”.

L’objectif de la recyclerie est de proposer une solution pratique, sans contrainte supplémentaire et moins chère qu’en déchetterie. Le Repair n’achète rien, ce sont uniquement des dons issus d’:

  • Erreurs de commandes
  • Surplus ou chutes de chantiers
  • Déclassement de produits des magasins de bricolage et parfois même des produits neufs encore sous emballage !

Les particuliers chinent et achètent ensuite les matériaux au « prix juste”. Le prix juste, c’est un compromis entre les besoins du client, ses capacités financières, et la participation à la vie de la recyclerie. “Ici, il n’y a pas d’étiquette, c’est la possibilité d’échanger sur le prix des choses, tout en faisant attention à la qualité et à l’état du matériau. Globalement, on estime le prix de vente à 50% moins cher que le prix du neuf.” rappelle Mathieu. L’important est que tout le monde soit gagnant!

“Pour les entreprises c’est plus économique, ça valorise leur image, mais certaines le font aussi par principe.”

Qui sont les clients d’une recyclerie de matériaux ?

En 2021, cette ressourcerie zéro déchet est ouvert le mercredi et le samedi de 10h à 18h, ainsi que le vendredi de 13h30 à 18h. Le concept plaît, les clients sont nombreux et reviennent, pour un panier moyen d’une vingtaine d’euros. Ce sont essentiellement des particuliers intéressés par la :

  • rénovation
  • construction
  • construction de serres
  • aménagement de jardin…
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Le Repair est une vraie source d’inspiration. “On ne vient pas à la recyclerie pour trouver quelque chose”, précise Mathieu. Il raconte : “Les gens viennent voir ce qu’il y a et imaginent ce qu’ils pourraient faire avec. Certains adaptent même leurs constructions ou rénovations avec ce qu’ils trouvent dans le magasin”.

Les retraités sont aussi souvent de passage : la recyclerie est une solution pour bricoler et réparer avec un budget plus serré.

Pour pouvoir profiter des pépites dont regorge le Repair, il est demandé une adhésion à prix libre d’1 an. Les clients les plus éloignés viennent de Douarnenez ou des Côtes d’Armor, mais la plupart sont originaires du pays de Morlaix.

“ On reconnaît déjà les habitués, comme le stock se renouvelle régulièrement : ils reviennent souvent!”

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Une équipe engagée dans le développement durable 

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Cette ressourcerie zéro déchet, c’est l’histoire de 4 amis aux origines et aux parcours différents :

Mathieu, rennais, a fait ses études dans l’urbanisme. Il s’occupe de la partie administrative de la recyclerie et de la gestion des chantiers de démolition. En effet, des cabinets d’architectes commencent à faire appel au Repair pour déposer et récupérer des huisseries, couvertures, sanitaires, planchers ou encore escaliers. Après devis, l’équipe se rend sur place pour une démolition qui peut durer jusqu’à 1 semaine. Cela prend de l’ampleur notamment du côté des bailleurs sociaux et des collectivités, qui les démarchent pour des chantiers plus importants.

Chloé, de Rennes, a travaillé dans le développement économique, elle a apporté son expertise dans la création du Repair.

Antoine, aussi rennais, est chargé de la comptabilité ainsi que de l’essaimage. Dans l’esprit social et humain du Repair, il transmet leur expérience aux jeunes entrepreneurs qui, comme eux, souhaitent se lancer dans l’aventure de la recyclerie.

Damien est basque et était médiateur culturel. Avec Gurvan qui a rejoint l’aventure entre temps, ils se chargent de la prospection auprès des entreprises afin d’augmenter les dons et les stocks.

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Auprès des entreprises du bâtiment, ils réalisent un diagnostic des matériaux que le Repair peut prendre en charge. La recyclerie se fait connaître grâce au bouche-à-oreille, et son discours plaît aux jeunes artisans qui y sont plus sensibles. A l’avenir, l’équipe souhaite se rapprocher d’entreprises plus importantes avec une vraie démarche de gestion des déchets.

Les artisans et entreprises intéressés sont ensuite invités à déposer leurs matériaux gratuitement à la recyclerie. Si besoin, l’équipe se rend directement sur place… mais il faut veiller à arriver au bon moment : “On avait rendez-vous dans une entreprise pour récupérer tout une benne et quand on est arrivés avec notre camion, elle venait juste d’être vidée… par manque de communication en interne!” raconte Gurvan.

Le Repair est alimenté des collectes issues des :

  • magasins de bricolage : Brico Dépôt
  • services techniques : ils ont fait don de 3 containers entiers d’anciens mobiliers d’école !
  • artisans : les charpentiers/couvreurs de Guiclan par exemple…
  • entreprises : ATCP caoutchouc à Morlaix par exemple…

Il faut quand même bien vérifier en détail les produits qui sont collectés. “Par exemple, on a mis en vente de la peinture qu’on croyait blanche et qui en fait était rouge ! ”
Après la collecte vient l’étape de la revalorisation des matériaux. Pour ça, toute l’équipe y met du sien, comme Charlotte qui vient tout juste de rejoindre l’aventure ! “On trie, on nettoie, on met en rayon… Pas de quoi s’ennuyer !” précise Mathieu. 

Comment créer une recyclerie zéro déchet en 5 étapes ?

Tout commence avec Mathieu qui, lors de son Tour de France de l’urbanisme autogéré en 2015, a visité de nombreuses recycleries. Le processus a été long mais l’équipe du Repair est toujours restée motivée!

Étape 1 : Antoine et Damien se lancent dans une étude des déchetteries du territoire. L’objectif est de mesurer l’intérêt de la population pour un tel projet. C’est aussi une prise de conscience sur le nombre de déchets qui s’y trouvent. “Il y a un sacré paquet de trucs encore utilisables qui sont jetés”, explique Mathieu.
La réponse est sans appel : “Il y a une demande, une attente et un besoin de la part des gens”. Le territoire de Morlaix est riche d’entreprises du bâtiment qui génèrent beaucoup de déchets. Le Repair répond à un besoin public de gestion de ceux-ci. De plus :

  • 80% des maisons aux alentours datent d’avant 1980
  • 50% des foyers fiscaux finistériens sont pas imposables
  • Il faut donc trouver des solutions pour une rénovation énergétique du parc immobilier du Pays de Morlaix, au meilleur prix.

Étape 2 : Ils font ensuite appel au Tag29, un incubateur d’entreprises dépendant de l’ADESS de Morlaix qui les accompagne sur la création du Repair. C’est l’occasion pour eux de formaliser le projet, mais aussi de faire des rencontres et de se construire un réseau.


Étape 3 : Ils se lancent dans une étude de faisabilité de 6 mois financée par l’ADEME, Bretagne Active, le département et la ville de Morlaix. Entre études de marché, financement du site Internet et actions de sensibilisation pour se faire connaître, les démarches avancent!

Étape 4 : Le projet bien construit, il est temps de trouver un local. Et ce n’est pas une mince affaire… La recherche dure plus de 2 ans et demi ! La difficulté ? “Les loyers sur Morlaix, bien supérieurs à la réalité économique du territoire” raconte Mathieu. Le local de l’ancien Point Vert de Pleyber-Christ fermé en 2019 est une réelle opportunité, il est 2 fois plus grand que ce que l’équipe recherchait ! Tant mieux, cela permettra de nouvelles perspectives!

Étape 5 : Les membres fondateurs du Repair font un prêt de 15 000€ à taux 0 grâce au Fonds Impulsion de l’Initiative Pays de Morlaix, dispositif ouvert aux associations après la COVID-19 pour le développement d’activités économiques. Ils financent aussi 10 000€ grâce à leurs économies personnelles. Après 5 ans de dure labeur, le Repair peut enfin ouvrir ses portes au grand public ! L’aventure a démarré avec l’embauche de 3, puis 4 salariés en CDI.

“Aujourd’hui on s’en sort et ça marche, car on a bien construit le projet en amont”

Le Repair, des projets collaboratifs ambitieux

Sur Pleyber-Christ, cette ressourcerie zéro déchet promet un bel avenir :

  • La mise en place d’un atelier partagé pour bricoler le bois et le métal sur 200m2 et d’une cabine de vernissage de 25m2 avec des machines professionnelles
  • L’aménagement d’un espace sablage à l’extérieur et un espace stockage à l’intérieur

Ainsi, les salariés du Repair auront à leur disposition de meilleurs outils pour valoriser les matériaux collectés.
Les particuliers qui n’ont pas la place, les outils ou les compétences pour construire et rénover, y auront aussi accès grâce à un abonnement mensuel de 35 euros. Ils seront supervisés par d’anciens professionnels à la retraite “qui ont de l’or dans les mains” nous précise Mathieu.

Le Repair de Demain sera aussi un lieu de…

  • résidence pour les designers : créer à partir des matériaux de réemploi qui ne trouvent pas d’acquéreur dans le magasin.
  • stages de formation et d’ateliers pour apprendre à fabriquer des objets écologiques du quotidien : un composteur, des éoliennes en bois, un four solaire…
  • retrouvailles avec les bénévoles après la COVID-19 : “Il y a un panel de choses différentes à faire, les gens pourront se placer sur les tâches qui les intéressent”, précise Mathieu.

“ Plus on a de monde, plus on peut collecter de choses, les nettoyer, les mettre en rayon, accompagner les usagers du lieu”.

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