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Réparation

Stéphan Meyer, 55 ans est marié et père d’un garçon de 3 ans. Il a créé son entreprise Steph’Répar & Création à Saint-Ségal spécialisée dans la réparation d’électroménager et d’outils électroportatifs. Steph’Répar & Création est ouvert du lundi au vendredi : 9h-12h/ 14h-19h et 1 samedi sur 2. Stéphan est référencé chez les Repar’Acteurs de Bretagne.

Stephan Meyer réparation

Comment s’y mettre… à la réparation ?

Stéphan a toujours été réparateur et a toujours aimé ça !

  • A Paris, de 1986 à 2004, il réparait les auto-radios.
  • A Paris, de 2004 à 2013, il réparait l’électroménager des collectivités tels que des sèche-mains, aspirateurs…
  • A Saint-Segal, depuis 2014, il est devenu artisan pour réparer du petit électroménager et outils électroportatifs… et du gros électroménager pour les restaurants du coin. Il fournit aussi des accessoires et pièces détachées aux particuliers.
  • Il a intégré le réseau Repar’Acteur de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Bretagne

« Il faut savoir réparer dans le bon sens… »

Réparateur électronique

Son atelier de réparation

Situé dans une petite maison en pierre en face de sa résidence principale, Stéphan n’a qu’à traverser son jardin pour se rendre à l’atelier. Sur 35m², est logiquement rangé tous les appareils qui passent entre ses mains. Il y a les appareils en attente de nouvelles pièces, ceux qu’il doit encore ouvrir pour diagnostiquer la panne et ceux qui malheureusement ne sont pas réparables… mais dont certaines pièces seront réutilisables un jour… En exemple, Stéphan nous montre un objet : « Regardez ce fer lisseur semi-pro, il n’est pas réparable car on ne peut pas même pas l’ouvrir ! » s’étonne encore Stéphane du non-sens de certains fabricants…

Les chiffres-clés de Stéphan :

  • En moyenne, 1 objet sur 4 n’est pas réparable car :
    • les pièces ne sont plus disponibles,
    • les pièces coûtent plus cher que l’objet entier neuf !
  • Ses devis sont gratuits
  • Le coût moyen d’une réparation est de 30 €.
  • Son temps moyen d’intervention est entre 1/2 h et ¾ h… sans compter le temps passé à chercher les pièces !
  • Une fois l’objet réparé, son taux de retour est de 1%

Pourquoi s’y mettre… à réparer plutôt que jeter ?

Selon l’ADEME, dès 2030, la Planète sera déjà en manque de ressources de matériaux pour fabriquer nos objets du quotidien : smartphones, ordinateurs, tablettes, électroménagers…
« Quand on sait qu’aujourd’hui, le gros électroménager est démonté et recyclé à 100% et que le petit électroménager est broyé et enfoui : ça me dépasse ! » nous raconte Stéphan entouré de ses trésors de demain…

C’est pourquoi Stéphan n’attend pas 2030 pour s’y mettre… Et l’Etat se mobilise aussi dans le bon sens ! Dès 2024, les marques d’électronique et d’électroménager auront l’obligation d’annoter sur leurs produits un indice de réparabilité. Sur 10 critères, il sera alors facile pour le client de savoir si le produit choisi a une bonne propension à être réparé (documents techniques, accessibilité de démontage, disponibilités et prix des pièces, réinstallation possible de logiciels…).

Cette mesure qui rentre dans une logique d’économie circulaire aura 2 bénéfices :

  1. Pour les clients : pouvoir mieux acheter, en toute transparence
  2. Pour les fabricants : Les inciter à fabriquer des appareils réparables.

« Produire moins de déchets et mieux protéger nos ressources ! »

Indice de réparabilité : l’exemple de Stéphan

Stéphan nous montre une bouilloire électrique qui parait comme neuve. Seul problème, le couvercle est cassé et elle est inutilisable en l’état. Pour connaître son potentiel indice de réparabilité, Stephan va sur l’un de ses sites de vente de pièces détachées et repère la marque et le modèle qu’il recherche. Le verdict tombe, sans appel : le couvercle est disponible mais coûte 32,59 €HT. A ce prix là, malheureusement, le client devra acheter une bouilloire neuve !

Qui s’y met… à faire réparer plutôt que d’acheter du neuf ?

Les premiers clients de Stéphan on été les séniors, c’est-à-dire plus de 70 ans… «  En effet, ces personnes ont connu la guerre et/ou l’après-guerre et à cette époque, on connaissait la valeur des choses ! » nous raconte Stéphane « on essayait toujours de réparer avant d’acheter du neuf » !
Puis, petit à petit, la clientèle s’est rajeunie et s’est ouverte à tous les niveaux sociaux. Pour Stéphan :  « les gens en ont marre d’acheter pour acheter et ont l’impression de se faire avoir avec le système d’obsolescence programmée ».
Comme pour confirmer ses dires, une cliente arrive avec une machine à expresso achetée il y a 2 ans, plus de 300 €. Comme par magie, il n’a plus fonctionné à la fin de sa garantie. Ne voulant pas la jeter, cette cliente, avec le bouche à oreille, a découvert l’atelier de Stéphan et espère qu’il la réparera… « Et de nouveaux clients comme elle, il y en a de plus en plus ! ».

Réparation cafetière

« Ce n’est pas qu’une question de budget, mais une solution logique ! »

L’obsolescence programmée vue par Stéphan

Stéphan nous montre le moteur d’un aspirateur qu’il a déjà démonté. Avec nos yeux de néophytes, nous ne voyons rien de mal… Et c’est bien cela le problème ! 2 pièces sont imbriquées mais ne sont pas vissées comme elles le devraient. Pour Stéphan, qui ne répare pas d’électronique, le problème d’obsolescence sur le petit électroménager provient de la fabrication. En voulant limiter les coûts de production, le fabricant saute une étape (ici, 2 vis à fixer sur 2 pièces) et c’est pourquoi l’appareil tombe en panne plus rapidement !

Pour en savoir + : https://www.halteobsolescence.org/

Quel avenir pour les réparateurs ?

Depuis 2015, la Chambre Régionale des Métiers de l’Artisanat a créé le réseau Répar’Acteurs sur toute la Bretagne. En 4 ans, il y a 2 fois plus d’artisans référencés en tant que cordonniers, couturiers, horlogers, réparateurs d’électroménager, d’électronique et d’informatique… Ce réseau a pour objectif de promouvoir la réparation plutôt que l’achat d’un nouveau produit afin de :

  • Prolonger la durée de vie des produits
  • Economiser les ressources et matières premières
  • Favoriser l’économie locale et circulaire

« Aujourd’hui, sur 545 répar’acteurs en Bretagne, on est 200 dans le Finistère ! »

Quels projets d’avenir pour Stéphan ?

Stéphan aime quand ça bouge… et quand son fils de 3 ans lui donne ses jouets à réparer : ça lui donne confiance en l’avenir ! Ainsi, il a 2 beaux projets professionnels dans les tuyaux :

  1. Projet de collaboration avec une nouvelle ressourcerie à Châteaulin
    En cours de création, Stéphan pourrait logiquement collaborer avec cette future ressourcerie locale afin d’aider à réparer les objets donnés et pourquoi pas réaliser des animations sur ce thème.
  2. Atelier de réparation ambulant au Faou
    A partir du 2 novembre 2019, Steph’ Répar & Création se rendra en camionnette sur le marché du Faou le samedi matin afin de se rapprocher de sa clientèle. Ainsi, il sera plus facile d’y emmener ses objets à réparer et de voir rapidement, si ça vaut le « coût » ou non !

Pour en savoir + : https://www.crma.bzh/crma-bretagne/reparacteurs

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