Né de la rencontre entre le monde de la voile, un collectif de musique électronique et une association de récup’ et de bricolage, le festival Horizons Open Sea a été créé en 2017. Avec l’océan comme toile de fond, surplombant l’Aber Wrac’h, l’événement se veut à la fois ouvert sur la mer et sur les différentes formes d’expression artistique. Mais surtout, il est, depuis sa première édition, engagé dans une démarche de préservation de l’environnement et de limitation de son empreinte carbone.
Fiche d’identité d’Horizons Open Sea Festival
Durée
3 jours
Dates
Chaque année début juin
Lieu
Port de l’Aber Wrac’h à Landéda dans le Finistère
Accès
Vendredi et samedi payant, dimanche gratuit
Public
3500 personnes en 2023
Bénévoles
40 bénévoles à l’année + 420 bénévoles sur le week-end
Site web et billeterie :
horizons-opensea.fr








La genèse : la volonté d’un festival à faible impact environnemental
Horizons se définit comme un rendez-vous culturel estival qui représente la diversité des expressions alternatives qu’elles soient visuelles ou musicales, dans une vision de fête positive, prônant l’ouverture d’esprit et le respect de la nature.
« Pour résumer nos envies : la découverte artistique et musicale pour tous, le partage, la convivialité, rester dans la simplicité, et profiter du lieu exceptionnel pour faire aussi passer des valeurs de respect (des autres, de l’environnement). »
La démarche écologique a été engagée dès le départ et motivée par plusieurs facteurs : l’emplacement exceptionnel du site, la sensibilité de ses créateurs, mais également une nécessité financière. Au fil des années, la volonté de réduire l’impact carbone s’est développée et a intégré chacun des pôles du festival : restauration, prévention, animation, etc.





Pour autant, le festival ne souhaite pas particulièrement grandir, afin de limiter la conséquence des piétinements sur les espaces.
« Chaque année, nous cherchons à aller plus loin dans notre approche écoresponsable. Actuellement, nous travaillons en particulier sur les problématiques de mobilité. »
Des actions concrètes pour un festival respectueux de l’environnement
Restauration : le local et le circuit court privilégiés
Les repas sont proposés en option carnée ou végétarienne. La viande servie vient d’une seule et même bête, utilisée sur l’ensemble du festival et les denrées sont au maximum locales et de saison, achetées en circuit court auprès des producteurs. Pour le catering (artistes, bénévoles et techniciens), les équipes s’approvisionnent en priorité dans les invendus des grandes surfaces des environs. En conséquence, les prix des repas peuvent être sensiblement plus élevés que sur les autres événements, mais les organisateurs communiquent en toute transparence sur cette proposition auprès du public.
Afin de réduire le gaspillage alimentaire, les quantités sont prévues en amont, au plus près du besoin, quitte à devoir fermer la restauration. Les surplus éventuels sont offerts, en fin de festival, à une association locale. Quant aux déchets organiques, ils sont récupérés pour le compostage par un jardin associatif.
La bonne idée :
Penser aux invendus des commerces locaux dans une démarche « anti gaspi ».
Une gestion des déchets à tous les niveaux
Gobelets réutilisables, points de tri, séparation des mégots des autres déchets et réduction des emballages font, depuis le début, partie de l’organisation. Mais Horizons va plus loin : les coquilles d’huîtres, par exemple, sont rendues à la mer. Des gourdes sont fournies aux artistes et techniciens, plutôt que des bouteilles d’eau. La vaisselle à usage unique, indispensable côté public, est restreinte à son minimum et compostable. Les éléments du décor proviennent au maximum de la récup’ et du réemploi, et sont réutilisés d’une année sur l’autre. C’est, d’ailleurs, ce qui donne son identité à l’événement.
En ce qui concerne la communication, le festival a choisi de privilégier le numérique pour limiter les impressions papier, et de réduire sa proposition de goodies sur le site. Les bâches et kakémonos sont créés avec un visuel neutre afin d’être réutilisés.
« Seuls les cendriers de poche sont encore proposés gratuitement au public, car nous considérons que la réduction des mégots au sol est une priorité. »
L’identité visuelle du festival a été revue avec un visuel neutre pour éviter l’effet collection. Sur le site, une friperie « la freep » combinée à un atelier sérigraphie, permet de faire floquer un vêtement que l’on possède déjà aux couleurs de l’événement, pour repartir tout de même avec un beau souvenir…
Une consommation énergétique maîtrisée
À tous les niveaux, Horizons cherche à limiter sa consommation d’eau. Bar à eau potable, toilettes sèches à 100 %, urinoirs pour hommes et pour femmes avec l’eau récupérée des lave-mains, vaisselle autonome avec bacs… La station de recharge pour portables, solaire et home-made, rencontre, quant à elle, son petit succès !
Mobilités et hébergements
Si le choix du site reste un point faible concernant la mobilité, car peu desservi par les transports en commun, Horizons mise sur la force de la communauté, avec un groupe Facebook dédié au covoiturage. Les déplacements doux sont encouragés avec un parking à vélos conséquent et surveillé. Un convoi festif à deux-roues, la Vélorizons, est proposé depuis Brest.
Pour la suite, les organisateurs s’interrogent sur la nécessité de conserver la navette qui n’est pas indispensable au regard des distances entre le parking, le camping et le site.






4 conseils pour organiser un festival écoresponsable
1/ Créer un plan d’action « développement durable »
« C’est une bonne manière de voir où on en est. Si l’on parvient à calculer notre consommation CO2 pour les transports, par exemple, c’est un chiffre que l’on peut comparer d’une année sur l’autre. »
2/ Se fixer des objectifs atteignables
« Avec l’envie de faire beaucoup sur plein de domaines, il y a forcément des choses qui ne se passent pas comme prévu. Il ne faut pas tenter tout à la fois, sinon on s’éparpille et le public ne voit pas notre action. »
3/ Faire un bilan chaque année pour s’améliorer
« Nous utilisons un outil diagnostique conçu pour les festivals avec des objectifs et des retours année par année. Et ne pas oublier que certaines actions peuvent échouer une année, mais réussir l’édition suivante ! »
Le bon outil :
Un tableau, proposé par le Collectif des Festivals, qui permet de définir son propre plan d’action développement durable avec des objectifs à atteindre, et d’en faire un bilan après chaque édition.
4/ Dans la bonne humeur, toujours
« Associer développement durable et bonne ambiance : ça aide à tout faire passer, y compris le tri des poubelles, la vaisselle, la gestion des toilettes sèches ! Globalement une équipe nombreuse et motivée est un grand atout pour agir à plusieurs niveaux. Nous avons de la chance sur ce point ! »









