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Les Vélos Brestois ou l’histoire d’un éco-entrepreneur qui en a sous la pédale !

En haut de la rue Jean-Jaurès de Brest, « Les Vélos Brestois » ont pignon sur rue depuis mai 2020. Thomas Mazurié est à la tête de cet atelier à double vocation : réparation de tous types de vélos et fabrication de vélos en bambou. En suivant sa démarche durable et son partage de savoir-faire, nul doute que cet entrepreneur brestois fera longue route !

Itinéraire d’un éco-entrepreneur engagé

Thomas Mazurié, 37 ans, est un cyclise convaincu. Se déplaçant toujours sur l’un de ses vélos en bambou, il a fait de sa passion, son métier. Son aventure professionnelle à 2 roues a débuté en 2014 quand il est devenu bénévole mécanicien pour la BAPAV, une association brestoise militant pour la réparation pédagogique des vélos. Puis, en 2015, il a travaillé chez Velozen, une enseigne bretonne de vente de vélos électriques.

En 2018, il a décidé de se lancer dans son activité de réparation de vélos (traditionnels et électriques) et la fabrication de vélos en bambou.

Ayant tout d’abord établi son atelier dans la cave de sa maison, il a réussi à louer un local commercial au 173 de la rue Jean-Jaurès de Brest, grâce au dispositif « Le Générateur », porté par la Ville de Brest. Ce dispositif permet aux porteurs de projet de disposer d’un local professionnel à coût modéré afin de redynamiser le centre ville. Ainsi, le 13 mai 2020, après le premier confinement, il y a installé son atelier aux couleurs du maillot jaune !

Les Vélos Brestois, atelier de réparation de tous vélos et de fabrication de vélo en bambou sur-mesure et stages de mécanique

Thomas est un fervent militant de la consommation durable et responsable. Que ce soit dans sa vie privée comme dans sa vie professionnelle, il adapte ses activités à son mode de vie. Ainsi, Les Vélos Brestois tournent autour de 2 activités :

  1. La réparation de vélos électriques et classiques

Thomas a organisé son atelier de réparation dans les 35 m²  de son local. Cela comprend du matériel, établi, pièces de rechange en tout genre. Il y a aussi un espace boutique pour la vente d’accessoires indispensables à tous bons cyclistes brestois : vêtements de pluie haut de gamme, antivol, pompes, casques, sacoches… Cette sélection est complétée par un rayon outillages, tous validés par Thomas selon son expérience et le temps ! 


Dans son atelier, du mercredi au vendredi, Thomas reçoit les vélos en panne en dépose-minute. Le principe est de prendre rendez-vous en ligne  , d’emmener son vélo et que Thomas le répare en moins d’une heure et jusqu’à 24h  pour des réparations plus sérieuses.  « La moitié de mes clients utilise leur vélo quotidiennement pour se déplacer, je ne peux pas mobiliser leur vélo toute une semaine ! » nous prévient Thomas. Ainsi, à 80%, les réparations tournent autour de la transmission (pignon et chaîne), les freins et les crevaisons.

Pour Thomas, il est essentiel que tous les cyclistes trouvent une enseigne pour réparer tous les types de vélos. « Parfois, cela coûte aussi cher de faire réparer une batterie de vélo électrique que de s’acheter un nouveau modèle… mais c’est quand même mieux de remplacer juste une pièce pour préserver nos ressources plutôt que de jeter ! ».

Des cours de mécanique participatifs


Le samedi, Thomas organise aussi des cours de réparation afin de partager son savoir-faire et de créer du lien social avec ses clients. Sur 3 heures, des cours de mécaniques sont dispensés pour des groupes de 5 personnes maximum, où chacun emmène son propre vélo à réparer. Les stagiaires choisissent entre :

  1. Le module initiation pour ceux qui souhaitent apprendre le B-A-BA de la mécanique
  2. Le module « entretien courant » pour apprendre à réparer une crevaison, régler les vitesses et changer les plaquettes de frein.
  3. Le module personnalisé : pour un cours particulier adapté à vos besoins et ceux du vélo ! « Cette formule fonctionne très bien en idée cadeau ! » ajoute Thomas.  

2. La fabrication de vélos en bambou

Breizh Bamboo Bike est la marque de vélos en bambou créée par Thomas. Son objectif est de  proposer des vélos personnalisés, éthiques et durables, fabriqués à Brest même, à partir de matériaux et de composants d’origine française.


Pour les bambous, Thomas se fournit en local et va même chercher ses bambous à vélo dans des bambouseraies situées à La Forest-Landerneau et à Saint-Renan. Pour pouvoir être utilisés, les bambous doivent être arrivés à maturité (4-5 ans soit environ 15 mètres) et avoir un diamètre et une épaisseur convenables à leur future utilisation. Puis, il les découpe en section d’1 mètre et les met à sécher pendant 1 an dans sa cave.

Chaque vélo est unique et correspond aux mesures et postures du cycliste, son usage (loisirs ou déplacements quotidiens) et sa volonté (composants neufs ou récupérés). Sur commande, Thomas réalise en moyenne un vélo par mois et son prix est à partir de 2500€.
Thomas propose aussi des stages de 5 jours où le stagiaire apprend à fabriquer lui-même son vélo en bambou. Ce stage réservé aux passionnés est à partir de 1000€, sans compter l’achat des composants.

Comment fabriquer un vélo en bambou en 6 étapes ?

  • Etape 1 : Prise de mesures du cycliste et étude de sa posture
  • Etape 2 : Réalisation du dessin du vélo et désignation des cotes sur un logiciel spécialisé « Bikecad Pro »
  • Etape 3 : Réalisation du gabarit du cadre avec le positionnement des 3 tubes en alu (direction, insert boîtier pédalier, selle) et les pattes arrières en inox. Découpe sur-mesure des bambous avec une grugeuse à tubes.
  • Etape 4 : Collage de l’assemblage avec des fibres naturelles afin de maintenir la géométrie du cadre. Les fibres végétales sont en lin français et la résine est biosourcée. Le vélo ainsi stratifié est compressé dans une étuve à 30° afin de polymériser la résine.
  • Etape 5 : Le cadre est poncé, puis pose l’enduit de finition et le vernis.
  • Etape 6 : Montage de tous les accessoires et composants du vélo. On peut même apprendre à faire soi-même ses roues.

Comment devenir un adepte de la mobilité douce à Brest?

Souvent citadins, Thomas a 2 types de clients. Ceux qui se servent de leur vélo en déplacement quotidien pour aller au travail et ceux qui l’utilisent le week-end ou pendant les vacances… « Par exemple, j’ai un client qui parcourt 40 kilomètres par jour ! » nous raconte Thomas. 

Avec l’augmentation du prix de l’essence et la prise de conscience écologique et sanitaire, la pratique du vélo se démocratise doucement sur Brest. Mais comme nous confie Thomas, « Brest ne cumule pas tous les aspects pour motiver les gens à la mobilité douce. La ville n’est ni trop polluée, ni trop saturée et plus que vallonnée ! ». Ainsi, la démarche est plus difficile à adopter que dans d’autres grandes villes… mais il y a de plus en plus de vélos sur Brest. De même, la ville et les associations multiplient les initiatives comme :

Les conseils futés de Thomas pour offrir une vie durable à son vélo !

« Il vaut mieux bien entretenir son vélo que de le faire réparer ! » clame Thomas… car bien trop souvent, il reçoit des vélos qui doivent subir de grosses réparations car ils n’ont pas été entretenus régulièrement !  La fréquence d’entretien dépend de son usage (1 à 2 fois par an) et pour un vélo électrique, il faut réaliser un « passage au stand » tous les 1000 à 2000 kilomètres. Les vélos électriques sont plein de connectiques et ce sont souvent de petites pannes qui sont relativement faciles à réparer… Mais encore faut-il s’y connaître en électronique ! Pour le reste, quelques conseils sont à la portée de tous :

  • Conseil n°1 : Réviser la pression des pneus 1 fois par moi avec une pompe munie d’un anémomètre (accessible à tous !)
  • Conseil n°2 : Resserrer les freins régulièrement (mais il faut savoir le faire !)
  • Conseil n°3 : Contrôler le niveau d’usure de la chaîne (mais si on ne sait pas faire, il est préférable de ne rien faire car le plus souvent, les chaînes sont trop huilées !).

Les démarches Zéro Déchet de Thomas dans sa vie professionnelle  et personnelle

« Tout d’abord, j’ai changé de fournisseur pour élire un nouveau basé sur Nantes. Il est peut-être un peu plus cher que l’ancien, mais il consomme moins de CO2 pour arriver jusqu’à notre bout du Monde, et cela va dans ma démarche quotidienne » commence Thomas. De même, les pièces et accessoires proposés sont au maximum « Made in France ».  Ensuite, il dispose d’un stock de pièces recyclées (comme les chambres à air…)  qu’il propose à sa clientèle ayant un budget serré et/ou souhaitant consommer durable.

Au niveau de ses déchets, Thomas réalise le tri sélectif et emmène tout son métal chez le ferrailleur du coin afin qu’il soit trié et recyclé.  

 Au niveau personnel, Thomas et sa famille ont aussi une démarche Zéro Déchet. « Chacun met ses limites où il peut » nous précise-t-il même si lui les pousse très loin !
Il réalise lui-même ses yaourts de riz, son pain et tous les petits plats et conserves sont faits-maison à partir de produits bio et en vrac. Au jardin, un potager se met en place avec la création d’un tunnel en bambou, l’utilisation de 2 compost et de toilettes sèches. Et bientôt un poulailler et une ruche s’y installeront afin de produire œufs et miel. Au niveau du déplacement, le foyer se partage 1 voiture, 2 vélos électriques et des vélos en bambou… évidemment !

Pour en savoir plus :

Sur la boutique > Les Vélos Brestois
Et découvrir les modèles de vélos > Breizh Bamboo Bike

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